UN PEU D’HISTOIRE ET QUELQUES ANECDOTES SUR LE CHATEAU LES DRYADES

 

 

La première acquisition de Maurice Vedy, Antonio Amengual et Mick Micheyl à Pouligny Notre Dame en 1957 fut le Manoir de Pouligny Notre Dame.

Racheté à la baronne d’Arripe, le Château, aussi appelé Le Manoir, fut construit au début du Moyen Age et, plus précisément, au XIème siècle. On accédait à ses portes d’entrée fortifiées à l’aide d’un pont-levis et d’un pont fixe. Longtemps habité par des nobles, il fit l’objet d’importantes rénovations et reconstructions au XIIème et XVIIème siècles. La construction actuelle date du XIIIème et XVIIème siècles.

Comme tout bâtiment très ancien, le Château ou Manoir reste encore aujourd’hui un lieu très mystérieux qui fait l’objet de nombre de légendes et histoires.

Il est, notamment, supposé avoir accueilli la reine Marie-Antoinette le temps d’une nuit.

Des souterrains s’étendraient autour du Château sur plusieurs kilomètres. Dans le livre « Les Contes du Vieux Manoir », Jean Ribeyrol-Pecquerie évoque, notamment, l’existence de souterrains entre l’église de Pouligny Notre Dame et le Château et fait planer le mystère en ses termes : « Il semble qu’il existait une liaison directe entre la chapelle devenue église de la paroisse et le château. Une partie de cette liaison était un petit chemin à ciel ouvert. On sortait du lieu saint par la porte donnant à droite dans le choeur ; sur la face extérieure existent encore les restes d’un cadran solaire. Le chemin allant vers le château aboutissait à un lavoir découlant d’une fontaine, la fontaine Sainte-Radegonde, et à mi-côte environ, on pénétrait par un souterrain débouchant dans les fossés. Au château, deux sorties étaient possibles, l’une dans les douves (…), l’autre dans l’une des caves des communs. Si la sortie par les douves est murée actuellellement, l’autre, celle des caves, doit encore exister car il s’y trouve une excavation assez profonde ; est-ce l’amorce du souterrain ou une sorte de glacière très profonde ? (…) Un autre souterrain existerait entre le château et une destination problématique en passant par le nouveau cimetière. Un bovin appartenant au château a fait un jour la pénible expérience de disparaître dans un trou que personne ne connaissait ». Le mystère au sujet de ces souterrains qui déboucheraient dans le Château reste entier puisque ni les anciens propriétaires, ni les propriétaires actuels n’ont osé s’aventurer dans les profondeurs des caves du Château.

Le bruit court que le Château abriterait également un trésor sous la forme d’une cloche remplie d’or. Cette croyance aurait été si forte au XIXème et XXème siècles que l’un des prêtres de Pouligny Notre Dame se serait évertué à passer tous les jours à côté du Château en priant le ciel de trouver un jour le trésor.

L’on dit également que le Manoir de Pouligny Notre Dame aurait inspiré l’écrivain George Sand  dont la résidence ne se trouvait qu’à une dizaine de kilomètres de Pouligny Notre Dame et, plus précisément, à Nohant. Dans son roman  « Mauprat » dont l’intrigue se déroulait dans la Marche et le Berry et qu’elle publia en 1837, le château de la Roche Mauprat s’avèrerait être peut-être le Manoir de Pouligny Notre Dame mais rien n’est moins sûr. Ce qui est certain en tout cas, c’est qu’il est bien fait référence à Pouligny Notre Dame dans le roman puisque l’un des protagonistes du roman, Antoine de Mauprat, y est décrit comme s’y rendant et y ayant dormi. La présence d’une vierge sous cloche dans le salon du Château attesterait, en tout cas, d’un lien même ténu entre George Sand et le Manoir de Pouligny Notre Dame. En effet, cette vierge aurait appartenu à la Bonne Dame de Nohant et aurait été offert par un des membres de la famille de George Sand aux propriétaires du Château de l’époque.

En plus d’être devenue la résidence principale de Maurice Vedy, Antonio Amengual et Mick Micheyl, le Manoir de Pouligny Notre Dame fut aussi un magnifique lieu d’exposition pour les œuvres de Mick Micheyl dont la devise était devenue, au milieu des années 70, « Je ponce donc je suis ». Diplômée des Beaux Arts de Lyon, elle n’avait jamais abandonné, durant sa carrière de chanteuse et de productrice, le dessin et la peinture mais, en 1974, elle quitta les feux de la rampe pour se consacrer à la création sur acier inoxydable. Au magazine Le Point, elle expliqua en 2013 ce changement de vie en ses termes : « C’est grâce à un ami carrossier qui ponçait au soleil une vieille carcasse de voiture que j’ai eu la révélation. J’ai inventé une technique et déposé un brevet. En 1974, je quitte les planches pour l’acier ». Cette fameuse technique consistait, à l’aide d’une ponceuse électrique, à faire apparaître sur des plaques d’acier des formes qui réfractaient la lumière en suggérant des volumes. Durant près de trois décennies, elle vendit ses œuvres et eut des commandes du monde entier dont, notamment, du Musée Masséna à Nice et de la Présidence du Sénégal. En plus d’être exposées dans les dépendances du Manoir de Pouligny Notre Dame, ses œuvres furent également montrées à l’Hôtel Les Dryades et dans nombre de galeries à travers le monde. Elle continua à créer et à exposer ses œuvres encore quelques années après avoir quitté le Manoir de Pouligny Notre Dame et le Domaine des Dryades. Les particules d’acier ayant gravement blessé ses yeux, elle fut contrainte, finalement, de renoncer à sa passion de l’acier à la fin des années 2000. Vous pouvez encore admirer dans les murs de l’Hôtel Les Dryades des œuvres de Mick Micheyl dont plusieurs de ses sculptures dans la salle du petit déjeuner au 6ème étage et un tableau dans le Bistrot des Dryades.

 

 

Nous espérons que ces quelques épidodes sur l’histoire du Domaine des Dryades vous ont plu et que vous continuerez à consulter notre blog régulièrement.

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